James HAWES

21 12 2007

Pour le meilleur et pour l’Empire,

roman traduit de l’anglais par Olivier Deparis, L’Olivier 2007, 364 pages, 20 €. 

Au gré des événements et de ses humeurs, Brian Marley recompose désespérément sa nécrologie afin de s’assurer qu’il réussira à élever son fils en évitant de le traumatiser avant son envol de la maison…. Il est vrai qu’être professeur d’anglais pour jeunes étrangers n’a rien de très glorieux ni surtout de très gratifiant lorsque l’on végète entre les dettes de son divorce et les amourettes exotiques…

C’est donc sans hésiter que ce quadragénaire, un peu défraîchi, accepte de participer à un jeu de télé-réalité, “une jungle d’enfer”, organisé par un de ses amis ex-soixante-huitard reconverti en producteur. Pour deux millions de livres, le voilà parachuté avec cinq autres “britanniques ordinaires” en Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans la dernière jungle inexplorée du monde.

Mais lorsque Brian doit affronter son ultime adversaire au profil de “commando kamikaze” c’est-à-dire gallois, enseignant, chauve et divorcé, tout bascule… D’abord les deux hélicoptères de la chaîne télévisée qui s’entrechoquent, isolant Brian du reste du monde; puis Brian lui-même lorsqu’il dégringole d’un ravin qui le projette dans une Angleterre inattendue et nostalgique; enfin le récit lui-même qui devient une extraordinaire satire du gouvernement Blair bientôt battu aux élections par un mouvement de retour à l’ordre et à l’âge d’or viril des châtiments corporels.

Tour à tour, satire sociale, comédie délirante, fable moraliste, ce roman burlesque nous régale de sa dénonciation acidulée d’une société, avide de héros, de sécurité et de renouveau identitaire… tout parallèle avec notre situation hexagonale étant bien sûr à proscrire ! Voilà un incroyable joyau de l’humour “so british” !